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Tous les sens en émoi avec l’aventure de cinéma virtuel

Avec Dreamscape, une nouvelle ère du cinéma commence. Grâce à la technologie suisse de la réalité virtuelle, le public se fait désormais acteur: en incarnant des rôles de personnages de film, les participants vivent – littéralement – leurs histoires, en sollicitant les cinq sens.

January 1, 1970 . Temps de lecture: 4 minutes

Les premiers pas dans l’espace virtuel sont encore mal assurés; on doit d’abord trouver son sens de l’équilibre et s’adapter aux sensations inhabituelles. Sur un chemin rocailleux, nous marchons jusqu’à la calèche qui doit nous conduire à la Genève de 1850. On sent l’odeur des chevaux, je les entends renâcler et je m’émerveille – grâce à mes lunettes de réalité virtuelle et aux capteurs sur mes mains et mes pieds, je voyage dans le passé. La personne qui m’accompagne ressemble à une demoiselle du 19e siècle, avec un chapeau chic et, à la main, une lettre d’invitation qui nous permet d’accéder à la ville de Genève.

La réalité virtuelle sans restrictions

En réalité, je suis allé à Genève en train. J’ai reçu l’invitation du nouveau partenaire de Sunrise, Dreamscape, qui a récemment transformé un ancien cinéma du centre-ville de Genève en un centre d’expérience VR moderne. J’y fais la rencontre de Caecilia Charbonnier, co-fondatrice de Dreamscape. Elle se souvient de leurs débuts en 2015: «À l’époque, le monde virtuel était beaucoup plus limité», raconte-t-elle. «Tu devais rester assise, tu étais seule et tu n’avais pas la possibilité de voir ton visage ou de toucher des choses.» C’est ce que Caecilia voulait changer. Avec ses collègues d’Artanim, sa fondation pour le développement des technologies de capture de mouvement, elle a inventé une technologie qui permet d’expérimenter la réalité virtuelle à un tout autre niveau. Plonger dans un film avec d’autres personnes, s’y déplacer librement, communiquer, toucher des choses, voir son propre corps sous une autre forme et en faire l’expérience en mettant tous ses sens à contribution – le rêve de Caecilia est devenu réalité.

Dans la zone d’attente de Dreamscape, l’excitation du voyage vers le 19e siècle monte.

À peine sommes-nous arrivés dans la ville de Genève au 19e siècle que le soir tombe. Nous cherchons des lampes à huile pour poursuivre notre exploration. Un chat se frotte contre mes jambes. Les étoiles brillent au-dessus de nous, nous sommes au bord de la rivière, le décor est magique, jusqu’à ce qu’une explosion retentisse soudainement. Nous ne voyons plus rien pendant un instant; quelqu’un nous appelle et nous demande de nous enfuir. Nous ne dévoilerons pas ici le moyen merveilleux qui nous a permis de nous échapper puis de retourner dans le présent. Juste une chose: nous n’avons pas vu le temps passer pendant cette expérience de 25 minutes.

«Nous avons eu de la chance: nous avons rencontré des Américains qui avaient la même vision que nous, c’est-à-dire révolutionner l’industrie du divertissement»
Caecilia Charbonnier, co-fondatrice de Dreamscape

Qu’est devenue l’invention d’Artanim par la suite? «Nous avons présenté la nouvelle technologie lors de différents festivals de cinéma et avons eu de la chance: nous avons rencontré des Américains qui avaient la même vision que nous, c’est-à-dire révolutionner l’industrie du divertissement», déclare Caecilia Charbonnier. Les Américains sont devenus partenaires et producteurs d’Artanim. Ensemble, ils ont créé «Dreamscape» et le premier Dreamscape Center a ainsi été ouvert à Los Angeles. Plus tard, d’autres sites ont suivi aux États-Unis et à Dubaï; Genève est le premier site en Europe.

À califourchon sur le dos d’un dragon

En plus de «Genève 1850», les films «Alien Zoo» et «Dragons» sont actuellement disponibles. Je me décide pour ce dernier, car je veux absolument savoir ce que cela fait de voler sur le dos d’un dragon et je veux pouvoir le raconter à ma fille plus tard: forcément, sa série préférée en ce moment est «Dragons».

L’expérience en réalité virtuelle «Dragons» plonge les participants dans une aventure aérienne riche en action.

Dans ce film, mon accompagnateur est un collaborateur de Sunrise, Clarence Arnold, qui travaille dans le shop situé juste au-dessus de Dreamscape et s’aventure avec son cousin de 14 ans à la chasse aux dragons. Les clients lui posent régulièrement des questions sur Dreamscape et il se réjouit de pouvoir enfin en faire l’expérience lui-même. Le choix de «Dragons» a été judicieux: en volant à toute vitesse et avec le vent dans les cheveux, je dirige ma monture à travers des univers fantastiques, tout en regardant de plus près les nombreux détails magiques. Les dragons de Clarence et de son cousin sont soit à côté, soit en face de moi. C’est un plaisir immense – sauf pour mon estomac. Et pourtant, j’ai tout de suite envie de recommencer et de me lancer une nouvelle fois dans l’aventure.

Caecilia et son équipe travaillent déjà sur de nouvelles expériences. Et au fait, qu’est ce qu’elle apprécie tout particulièrement dans Dreamscape? Elle n’hésite pas longtemps: «L’infinité des possibilités! Ici, tu vis des choses qui seraient totalement impossibles dans la vraie vie.»

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Dreamscape en bref

Lieu: Genève, à 10 minutes à pied de la gare centrale

Prix: CHF 25.– par expérience

Langues: français et anglais

Âge: à partir de 10 ans