Moteur! Vivre ses rêves

Cette semaine, Sunrise TV programme des films présentés lors de festivals, qui mettent à l’honneur la rencontre des rêves avec la réalité. Certaines passions, devenues de véritables ambitions, animent et poussent les individus à se heurter aux limites du réel, jusqu’à se briser. Pas très Hollywood, où tout est bien qui finit bien. Échappez-vous de votre quotidien grâce à la télévision numérique en découvrant le destin d’autres personnes qui, peut-être, vous inciteront à vous poser des questions.

 Seul Sur Mars sur la télé numérique de Sunrise
Seul Sur Mars

Un héros «Seul sur Mars»

Film fantastique aux nombreuses nominations et récompenses, notamment pour le scénario, dont on a félicité le réalisme. À deux exceptions près: la densité de l’atmosphère martienne, normalement plus faible que sur Terre, et la taille des habitats – ceux-ci auraient été beaucoup trop chers à construire dans la réalité. On n’est pas étonné de voir Matt Damon dans le rôle-titre, qui lui va comme un gant. Peut-être parce qu’il nous rappelle son personnage dans «Interstellar». D’ailleurs, pour la petite anecdote, Matt aurait hésité à accepter le rôle pour cette raison, alors même qu’il aurait immédiatement adoré le concept du film. Et ceux qui rêvent d’une évasion sur Mars pourront prendre un simple vol pour la Hongrie ou la Jordanie, qui ont prêté leurs paysages au décor du film.

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Seul Sur Mars

L’ambition au sommet: «Everest»

Évidemment, on aurait préféré le voir (ou le revoir) en 3D, mais la puissance du film ne tient pas seulement à ses images spectaculaires. L’homme face à la montagne, ce n’est pas David contre Goliath, mais l’ambition de l’être humain face à ses limites. L’atout de ce film, c’est qu’il s’agit d’une biographie. Aucun risque, donc, de voir l’humanité considérée comme un superhéros et les alpinistes triompher de la montagne qu’ils ont effrontément défiée. Les acteurs vous le diront eux-mêmes: Jake Gyllenhaal et Josh Brolin ont effectué un test de simulation d’altitude à 9000 mètres. Railleurs au départ, ils ont rapidement compris la leçon lorsqu’ils ont été pris de nausée, ainsi que d’une profonde tristesse, au bout de quelques minutes. Quant à la seconde anecdote, elle est moins inoffensive: durant le tournage sur l’Everest, une avalanche s’est déclenchée, entraînant la mort de pas moins de seize sherpas. La montagne vous aura prévenu.

La gentillesse est un vilain défaut: «Je suis à vous tout de suite»

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Cela peut paraître un peu dur, voire contreproductif, de promouvoir ce film ainsi alors qu’il est présenté comme une comédie d’apparence légère. Les personnages, bien qu’un peu caricaturaux, sont comiques et touchants – ils sont gentils ou (et?) déjantés, comme la grand-mère fauchée et accro à l’herbe, jouée par l’excellente Anémone. Cependant, le film repose sur des sujets sensibles, voire très sensibles (l’Islam, la radicalisation et la pédophilie pour n’en citer que quelques-uns). Le pari était donc risqué et le résultat a au moins le mérite de nous faire réagir, en nous faisant rire, hors de notre «zone de confort». 

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Je Suis À Vous Tout De Suite

Une fleur en eaux troubles: «Marguerite»

Si Marguerite, le personnage principal de cette comédie, est incapable de produire une note qui ne soit pas fausse, les critiques, quant à eux, sont à l’unisson concernant la qualité de ce grand film de Xavier Giannoli. Inspiré de la vie d’une aristocrate américaine milliardaire au début du XXe siècle, il retrace la vie d’une passionnée de musique qui se prend pour une grande cantatrice. Le personnage aurait pu être d’un ridicule à toute épreuve. Le public aurait pu le massacrer de son rire, à l’image de tous ces vautours, dans le film, qui laissent Marguerite croire en son talent afin de profiter de son argent sous couvert de bienveillance. Mais, en réalité, Marguerite est bouleversante et son entourage pitoyable.

Trop près du soleil: «Sunshine Superman»

Désigné comme LE documentaire américain de l’année 2015, ce film retrace l’envolée et la chute (mortelle) de l’inventeur du BASE jump, Carl Boenish. C’est un hommage au courage de cet homme qui n’a reculé devant rien pour non seulement vivre son rêve, mais également le partager, puisqu’il filmait ses sauts. Il nous fait penser au personnage d’Icare, l’homme-oiseau qui s’est brisé les ailes en s’approchant trop près du soleil, mythe qui nous rappelle notre simple condition humaine. Mais c’est surtout le caractère d’exception, la passion, la liberté de cet homme qui a refusé toute forme d’autorité, qu’elle ait été édictée par les hommes – ces sauts avaient tout ce qu’il y a de plus contraire à la loi – ou par la nature, que l’on retiendra de ce Superman en chair et en os.

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Sunshine Superman